Rencontre du Groupement parlementaire Musique consacrée à l’initiative populaire «jeunesse + musique»
Dans le cadre de la session de printemps des Chambres fédérales, la rencontre du Groupement parlementaire Musique était consacrée à l’initiative populaire «jeunesse + musique» projetée par le Conseil suisse de la musique (CSM). Sous la conduite de Mme la présidente du Conseil national, Christine Egerszegi-Obrist (PRD/AG), les conseillères nationales Brigitte Gadient (UDC/GR), Brigitte Häberli (PDC/TG), Susanne Leutenegger-Oberholzer (PS/BL) et le conseiller national Peter Vollmer (PS/BE) ont discuté avec les représentants du CSM et des associations affiliées (ASEM, SSPM, SMS, USDAM, USC, SFO, ASMJ, ASM, j+m, EHAMV et la Société Orff) du projet d’inscrire dans la constitution un article spécifique sur l’éducation musicale à l’école, les activités musicales extrascolaires et la promotion des jeunes musiciens doués.
Le président du CSM, le professeur Alois Koch, et le résponsable du groupe de travail Initiative musicale, Hector Herzig, présentent le projet en soulignant l’importance d’améliorer les conditions générales de l’éducation musicale. Depuis des années, les associations et institutions qui œuvrent dans l’éducation musicale s’y efforcent. On avait fondé de grands espoirs sur l’article culturel de la nouvelle Constitution fédérale (art. 69), mais celui-ci s’est avéré beaucoup trop faible jusqu’à maintenant. La rapport du Conseil fédéral sur la situation de l’éducation musicale en Suisse, publié en été 2006 dans le cadre de la procédure de consultation relative à la nouvelle loi sur l’encouragement de la culture, a de nouveau montré qu’il y a des lacunes dont les responsables ne se préoccupent malheureusement guère. C’est à cela que devrait remédier l’initiative.
Le professeur Rainer Schweizer, de l’Université de St-Gall, explique ensuite le nouvel article constitutionnel proposé. L’art. 67 sur l’encouragement des enfants et de jeunes, révisé l’an dernier, serait complété d’un nouvel art. 67a qui transférerait à la Confédération l’obligation de promouvoir et de coordonner l’éducation musicale. C’est à dessein que le nouvel article s’attaque à la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons, car ce n’est qu’au niveau national qu’on peut exercer la pression nécessaire.
Les parlementaires présents manifestent beaucoup de compréhension pour le projet, qui ne défend pas les intérêts particuliers d’un lobby, mais pourrait susciter un mouvement et une nouvelle prise de conscience dans de larges milieux. La musique est appréciée partout, mais quand il s’agit de bonne formation musicale, les politiciens responsables ne s’engagent guère et l’on se satisfait du statu quo, donc d’une certaine médiocrité. On signale cependant au CSM et aux associations affiliées les obstacles à surmonter avec pareille initiative. Le budget de 250'000 francs suffit tout juste pour couvrir les frais de la récolte de signatures, mais non à gagner une campagne de votation. Le projet ne pourra aboutir que si de nombreux milieux musicaux s’associent au combat.
A ce propos, Alois Koch relève que le projet est toujours trop dominé par la Suisse alémanique. Il prie les parlementaires présents de l’aider à trouver des relais dans les autres régions linguistiques. Mme Leutenegger-Oberholzer insiste enfin sur le fait qu’une initiative populaire est une affaire de longue haleine. Les auteurs doivent être conscients de ce que la route qui va de la récolte de signatures à la traduction en lois, en passant par la votation populaire, peut bien prendre cinq à dix ans. En outre, le projet du CSM affecte la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons. En votation, la nécessité de remporter la majorité des cantons sera donc un obstacle particulièrement élevé.

Andreas Wegelin, 23. März 2007 |